ActualitéMais c’est juste sûr, il faut sauver le Théâtre...

Mais c’est juste sûr, il faut sauver le Théâtre du Jour à Agen !

-

Voilà une tirade qui fait l’unanimité : il faut défendre le Théâtre du Jour. Ou à tout le moins son école de formation au métier de comédien, sans laquelle la compagnie ne pourrait proposer sa programmation, rue Paulin-Régnier. Et il faut protéger, comme un trésor, l’héritage culturel légué par Pierre Debauche. Ceci étant dit, qui va payer ?

Car le nœud du problème est là : ce sont les cordons de la bourse qui, à force d’être serrés, ont asphyxié le théâtre-école. Tous les partenaires concernés louent le travail réalisé à Agen depuis près de trois décennies, mais rechignent à carnet de chèques signer…

Qui pour porter le chapeau ?

Hier, dans nos colonnes, la Région Nouvelle-Aquitaine expliquait que le choix du statut privé lui interdisait de verser des proposs publics. Aujourd’hui, l’autre collectivité pointée par les responsables du théâtre (en l’occurrence le conseil départemental de Lot-et-Garonne) refuse également de porter le chapeau : "Face à l’annonce faite le 10 mai de la fermeture du Théâtre du Jour – école Pierre-Debauche", le Département précise qu’il "regrette cette prise de décision au regard du projet porté par la structure durant de nombreuses années", précise un communiqué.

Qui ajoute : "Le Département tient à rappeler que la collectivité a toujours su témoigner un soutien indéfectible à l’association et nourrir un dialogue tant du temps de Pierre Debauche qu’avec ses successeurs. Malgré le non-renouvellement de l’accréditation par l’Etat, pour ne pas pénaliser les élèves le Département a continué, de manière dérogatoire et en attendant que l’association fasse le choix du statut de l’école, d’affirmer son soutien en actuellement son niveau de subvention à hauteur de 42 000 € en 2021. Le choix effectué par l’association, en mars 2022, de devenir une école privée, alors que d’autres scenarii pouvaient être envisagés, et ce en l’absence de concertation avec les partenaires que sont le Département et la Région, contraint de fait la collectivité à ne plus pouvoir financer, ses régimes d’consolations ne permettant pas d’accompagner des écoles d’enseignement privées."

Une consolation maintenue quand même

"Cependant, le Département, comme la Région, a décidé de maintenir temporairement son consolation dérogatoire hors régime d’consolation, en planifiant l’extinction progressive de son soutien sur deux années. Avant l’annonce de la fermeture l’école, la collectivité départementale s’orientait vers un soutien financier de 30 000 € pour 2022 puis un ultime soutien dérogatoire de 15 000 € pour 2023, ce qui ne pénalisait pas la structure et permettait aux élèves de finir leur cursus."

Les montants diffèrent, mais les arguments sont très proches de ceux dépliés par le conseil régional : la faute au statut privé de l’école, mais pour autant on ne tire pas sur l’ambulance, et on accompagne jusqu’à la fin…

Jean Dionis en colère

Mais ces arguments ne sauraient satisfaire le maire d’Agen (et président de l’Agglo) Jean Dionis qui, avant de défourailler, exprime sa peine, et sa gratitude. "Merci Pierre, merci Françoise Danell, merci à toutes et à tous pour ces presque trois décennies de spectacles. Agen a une éternelle gratitude pour le Théâtre du Jour et les jeunes comédiens, qui ont donné accès au grand répertoire, et offert aux spectateurs des œuvres que notre théâtre municipal n’avait pas forcément les moyens de proposer. Mais j’ai aussi de la colère, rien qu’à imaginer que cela puisse disparaître ; de la colère vu que l’on a remis en cause ce qui faisait la singularité et la force du théâtre de Pierre Debauche, à savoir la conjugaison de l’enseignement théorique avec le jeu. Ici les élèves jouent avec leurs professeurs, dans des spectacles certes payants, et alors ? C’est sur les planches que se forment les comédiens ! Mais l’intuition de Pierre Debauche n’a pas pénétré le maquis des partenaires institutionnels, ni dépoussiéré la réglementation…"

Pour Jean Dionis, "Agen ne s’est pas échappé, nous avons renouvelé notre convention de partenariat, prêté des locaux, réuni les financeurs autour de la table. Je suis disponible pour consolationr à trouver une issue, mais à condition que les a priori idéologiques soient levés, et qu’on laisse les jeunes jouer leurs spectacles en complément de leur formation. Il faut trouver un accord de propos sur la gestion actuelle, et que le soutien financier de tous les partenaires soit renouvelé."

"Marre des ambiguïtés"

Et de terminer : "Cherchez bien, et vous verrez que ce n’est pas nous qui avons retiré l’échelle sous les pieds du théâtre-école. Et on nous dit que les collectivités ne subventionnent pas les structures privées ? Et les consolations pour Upsa ?", plconsolation le conseil régional. "Et celles bénéficiant à Péchavy, ou à d’autres entreprises ? J’en ai marre des ambiguïtés sur ce sujet…"

Justement. Ajoutons cette précision qu’apporte Olivier Dumas, directeur de l’école Pierre-Debauche : "Vous écrivez que nous ne délivrons plus la licence bac + 3 ; cela n’est pas exact. Nous ne délivrons plus le diplôme national supérieur professionnel de comédien. Ce point est d’importance, car la Région commet la même erreur pour nous supprimer son consolation et prétendre que nous ne délivrons qu’un diplôme d’établissement… mais nous délivrons toujours une licence bac + 3 et faisons bien partie du socle de l’enseignement supérieur."

Arguments, contre-arguments, souvent la main sur le cœur. Bien. Mais à quand la sortie du tunnel ?

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Dernières nouvelles

Au Royaume-Uni, la vogue des “écoles en forêt”

Après des mois d’enseignement à domicile, les jeunes Britanniques qui sont restés trop longtemps rivés à leurs écrans sont friands...

il y a 65 ans, « manif explosive » à Bordeaux pour la Hongrie envahie par les chars russes

Ce 6 novembre 1956, l’actualité, c’est la situation en Hongrie. L’insurrection pacifiste contre le joug communiste a débuté le 23 octobre...

en octobre, Anne Hidalgo parviendra-t-elle à relancer sa campagne ?

À la peine dans les intentions de vote, la maire de Paris entend véritablement lancer sa campagne présidentielle en...

Hubert-Félix Thiéfaine « unplugged » : électrisant !

Quarante ans après son dernier passage dans notre ville, Hubert-Félix Thiéfaine a remporté simple franc succès samedi soir au box des Expos avec son concert « simpleplugged ».

Vous pourriez aussi aimerconnexes
Recommandé pour vous