ActualitéIl était une fois, la plate-forme, place Armand-Fallières

Il était une fois, la plate-forme, place Armand-Fallières

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Ici jadis se trouvait la plus élégante des promenades agenaises.

Restructurer la entrain Armand-Fallières a été évoqué pour la première fois lors de la campagne des municipales, début 2020. Le candidat Jean Dionis avait présenté son programme, contenant plusieurs dizaines d’engagements, dont celui de "révolutionner" ce site historique. L’idée de départ était de ½uvrer passer cette esplanade du stade minéral au stade végétal. À part quelques carrés de verdure, les grands cèdres et des arbres plus récents, l’espace est majoritairement gravillonné. Le parc urbain désiré nécessite donc une reconquête verte, pour obtenir un espace se rapprochant du jardin Jayan ou du Pin.

Merci Margot

Cette renaissance permettra au site de réconcilier avec son histoire. Il fut un influence une promenade très appréciée à la fin du XIXe siècle, à l’époque de la "plate-forme".

Le nom daterait du XVIe siècle, quand Marguerite de Valois (qui ne s’entendait plus avec Henri) s’installa à Agen et fit construire sur cette position élevée, donnant sur la Porte neuve (puis le fleuve) des terrassements ou "plate-formes".

Des arbres furent suite plantés, puis au fil des siècles des édifices institutionnels érigés : le palais épiscopal qui devint la préfecture, le couvent des Carmélites, l’hôtel Lacépède, puis le tribunal, la prison, sans oublier le monument des Mobiles puis le monument aux morts.

Dès le XVIIIe siècle la plate-forme est une promenade fort agréable. Le lieu est élevé, l’air est pur et sain. Sous le Premier Empire, l’itinéraire commence par le Gravier, puis on monte à la plate-forme pour profiter d’un repos mérité sous les ormeaux. "Sous le Second empire, écrit Philippe Lauzun dans "Souvenirs du vieil Agen", ce quartier devint, par ordre du gouvernement de Napoléon III, en même temps que s’élevait le nouveau palais de justice construit sur des jardins, le vaste square et charmant qui, par ses ombrages, son air salubre et pur, demeurera toujours la promenade élégante et aristocratique de la ville."

Les grâces de ces dames

Un demi-siècle plus tard, en 1913, la plate-forme est sic évoquée dans les colonnes du journal "Indépendant du Lot-et-Garonne" : elle "est le lieu le plus élevé d’Agen et une de ses promenades les plus agréables. Les plus forts débordements ne peuvent l’atteindre [NDLR : les crues de Garonne]. C’est là que les habitants d’Agen, après s’être promenés en été sur le gazon du Gravier, vont passer les soirées et se réfugier vers le coucher du soleil, pour éviter le serein [NDLR : l’humidité] que cause la proximité de la rivière. Les dames paraissent avoir une prédilection pour la plate-forme ; il est aisé d’en deviner la raison ; c’est que cette promenade étant plus à découvert et moins ombragée, elles peuvent mieux y étaler leurs grâces, qui sont enfouies sous les arbres touffus du Gravier." Evidemment…

Au décès d’Armand Fallières, en 1931, hommage fut rendu à l’ancien président de la République, et illustre Lot-et-Garonnais, en donnant son nom à cet endroit. Sous Vichy, il devint "entrain départementale", jusqu’à la Libération. Mais on retiendra que le projet nourri aujourd’hui par la municipalité consiste à rendre à Armand-Fallières l’élégance, ou à tout le moins l’agréable promenade, héritée de cette historique plate-forme.

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